Amazonie: après la pression internationale, les Brésiliens se mobilisen

Sous la pression internationale, le Brésil déploie l’armée pour faire face aux incendies, dont le nombre ne cesse de progresser. Une décision prise dans l’urgence. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes brésiliennes en défense de l’Amazonie et contre le président Jair Bolsonaro. Mais la dispute diplomatique entre la France et le Brésil prend de l’ampleur. L’ambassade de France à Brasilia a même été visée.

Des manifestations en faveur de l’Amazonie ont rassemblé plusieurs milliers de personnes dans plusieurs grandes villes du pays comme à Rio, avec le soutien de personnalités, d’artistes et de politiques de gauche. Des défilés pour dénoncer la gestion des incendies par Jair Bolsonaro.

« L’Amazonie est essentielle : pas seulement parce que c’est le poumon de la planète, elle abrite les communautés indigènes qui sont de plus en plus victimes de l’agrobusiness, qui veut détruire forêt, les animaux et ses habitants ! », estime Bétina, 28 ans, une pharmacienne venue avec ses amies, le visage et les mains peints en rouge pour interpeller les passants.

Une déforestation accélérée

La déforestation s’est accélérée sous le gouvernement de Jair Bolsonaro. Pour l’instant, les moyens alloués à la lutte contre les incendies sont insuffisants, c’est ce qu’est venu dénoncer Ilda, 55 ans, accompagnée de ses enfants.

« C’est important que le peuple descende dans la rue, parce que Bolsonaro a offert le Brésil aux très riches. Il travaille main dans la main avec les grandes entreprises, et les propriétaires terriens qui croient que l’Amazonie leur appartient », estime-t-elle.

Des pressions mal perçues

Plusieurs autres manifestations ont eu lieu dans le pays, mais la mobilisation pour l’Amazonie n’a cependant pas été de grande ampleur.

Le chanteur Caetano Veloso (au centre) au côté du député brésilien, David Miranda (à dr.), lors d’une protestation pour l’Amazonie, à Rio, le 25 août.MAURO PIMENTEL / AFP

Dimanche 25 août, d’autres manifestations ont également eu lieu, en soutien au président brésilien, et à son ministre de la Justice, très critiqué. A Brasilia, la capitale, un groupe de plusieurs dizaines de personnes s’est détaché du défilé principal pour aller manifester devant l’ambassade de France, avec des slogans très hostiles à Emmanuel Macron.

Les pressions du président français sont très mal perçues au sein du gouvernement à Brasilia. Le ministre de l’Éducation n’a d’ailleurs pas hésité à écrire sur Twitter qu’Emmanuel Macron était un « crétin opportuniste » – provoquant la polémique.

Pourtant il y a urgence: selon les derniers chiffres qui viennent d’être publiés par l’Institut national de recherche spatiale brésilien. 26 900 feux ont été enregistrés au mois d’août en Amazonie, plus du double par rapport à l’année dernière. Pour permettre à l’armée de se déployer dans les zones touchées, le gouvernement brésilien a débloqué environ 8 millions d’euros.

Avec RFI

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