Bimoko : après Boko, le festival international en marche vers sa 3e édition

Il s’est tenu du 25 au 29 juillet à Boko, dans le Pool, la deuxième édition de Bimoko, fruit de l’Association Minawa-Art de l’artiste pluridisciplinaire et écrivaine Leslynna Bery, plus connue sous le nom de Lyna de Pepito. Ce festival international, qui vise la revalorisation des cultures ancestrales oubliées, a laissé un goût d’impatience générale, en vue de la réalisation d’une prochaine édition.

C’est autour du feu que les prémices du festival Bimoko ont été vécues, dans la nuit du 25 juillet, dans la bourgade de Mbami à Singa Banana, à environ 4 km de Boko Poste. Une maison y a été aménagée pour la circonstance, décorée aux insignes de Bimoko. L’heure était celle des contes, des devinettes et des chants traditionnels agrémentés au rythme du tam-tam devant une foule venue des hameaux voisins, Lukengo, Tenta, Manionzi, Fueneba et autres.  Avec des artistes comme le griot Zébré Pototo, le percussionniste Ndala Pépin et son groupe, le conteur Richilvie Babela, le comédien Tony Neche Lynet, etc., conduits par Lyna de Pepito, la fondatrice du festival, Ganongo Célestin, directeur du Cercle culturel Sony-Labou-Tansi, et Nkouka Jean Midarol, directeur de la MAAC.

Le lendemain, l’ouverture officielle a eu lieu à Boko Poste avec le mot de circonstance de Mme Marie Thérèse Laurentine Milongo-Ndembo, maire de la commune de Boko. Malgré le froid qui rivalisait avec le soleil, les gens sont arrivés nombreux pour suivre les différentes prestations réalisées par des artistes comédiens et percussionnistes venus de partout, du Cameroun, de la Côte-d’Ivoire, de la RDC et des différents départements du Congo. Ceux de Boko ne sont pas restés en arrière ou dans l’ombre. En tête de file, les groupes folkloriques Kikulu Kia Kongo et Sanda Sassa ont égayé le public par les chants des pays Kongo et le déhanchement de leurs danseurs, une chorégraphie proche du Makossa et de la rumba.

Dans son mot de circonstance, Mme le maire de la commune de Boko a reconnu la riche diversité culturelle dont regorge la République du Congo comme un facteur de socialisation et d’émancipation. « La République du Congo forme une vaste étendue de civilisation composée de multiples et diverses entités ethniques et culturelles qui, toutes, contribuent à marquer et enrichir l’expression d’un idéal esthétique, par des œuvres humaines, voulant donner le sentiment du beau, caractéristique de notre société. Je suis tout autant persuadée que le vivre ensemble, essentiellement harmonieux des filles et fils du Congo, qui dérive d’ailleurs de la nature même, de la nation congolaise et constitue, par conséquent, l’objectif commun, l’unité, se fonderait aussi bien sur les valeurs sociales que sur des traditions, sur des acquis intellectuels et des savoir-faire propres à elle », a-t-elle déclaré.

Elle a, par ailleurs, décrié l’influence négative de certaines cultures, souvent exotiques, qui dépravent la jeunesse. Aussi des initiatives comme Bimoko, organisées par l’Association Minawa Arts, servent-elles de tremplins pour retrouver les repères. « De nos jours, le phénomène d’implantation culturelle et artistique, enraciné dans notre société, et fortement épousé par la jeunesse, engendre impertinence et antivaleurs qui ternissent l’image foncière du Congolais et qui porte le risque de ruiner peu à peu les marques distinctives de nos ancêtres, nous assimilant progressivement en un peuple sans histoire, en un peuple mort. Antivaleurs dépréciés par notre président de la République, son excellence Denis Sassou Nguesso, chef de l’ÉtatOr, notre société est appelée à exprimer foncièrement, en toute liberté, son folklore et toutes sortes d’arts en donnant à la face de la mondialisation le sentiment du beau, suscitant l’éclosion de la culture de la négritude en tant que revendication des valeurs, de la civilisation noire, appelée à s’affirmer », a-t-elle souligné.

Le même vendredi et les jours suivants, les soirées autour du feu ont été très animées grâce aux griots, aux chants et chorégraphies, accompagnés d’instruments traditionnels, une ambiance bon enfant entrecoupée par la projection des films éducatifs. À côté de ces activités, il y a eu également l’animation des lectures dirigées et de l’école des contes en matinée avec les enfants, dans la bourgade de Lukengo, toujours à Singa Banana dans le district de Boko. Le public en majorité, tout âge confondu, a vivement souhaité la tenue dans un avenir proche de la troisième édition de Bimoko. Lyna de Pepito et l’Association Minawa-Art se disent prêtes à brandir sur toute invitation pour l’organisation du festival Bimoko dans d’autres localités du pays afin de valoriser partout la culture du terroir.

ADIAC

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