Brésil: devant la prison de Curitiba, une «veille pour un Lula libre»




Condamné à plus de 12 ans de prison ferme pour corruption, l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva purge sa peine au siège de la police fédérale de Curitiba. Pour ses partisans, c’est une énorme injustice, d’autant que l’ex-chef d’Etat était le favori de l’élection, contrairement à son remplaçant Fernando Haddad. Pour témoigner de leur solidarité, syndicalistes et militants du Parti des travailleurs (PT) ont installé un campement de fortune sous les fenêtres de la prison.

C’est une « veille pour un Lula libre ». Réunis sous une grande tente blanche, une vingtaine d’irréductibles montent la garde. Un café dans la main pour se réchauffer en cette période de fraîcheur tropicale, ils discutent, chantent. L’ambiance est joyeuse.

Sandra, une militante du Mouvement des sans-terre, a quitté son exploitation il y a deux semaines pour rejoindre le campement. « Non je ne suis pas triste d’être ici, dit-elle. Vous savez, pour nous, les pauvres, Lula était un très, très bon président. J’ai un frère qui a pu s’acheter une maison et une voiture grâce à Lula. Donc on espère que Haddad fera pour nous la même chose qu’a fait Lula. »

Pour séduire leurs électeurs, le PT a trouvé le slogan : « Lula est Haddad, Haddad est Lula ». Mais les militants savent bien que ce n’est pas la réalité, que Fernando Haddad ne peut pas déclencher la même dynamique politique que le dirigeant historique du Parti des travailleurs.

Certains, comme Tilly, la trentaine, qui a rejoint le PT à 16 ans, préfèrent déjà regarder au-delà de l’élection présidentielle : « C’est dans le combat quotidien que nous trouvons notre espoir, qui n’est pas si lié que cela à la candidature de Haddad. C’est cet espoir qui nous donne de la force. Indépendamment des résultats, on continuera notre combat ».




Parmi les objectifs de ce combat, la libération de Lula. Selon un dernier sondage, 51% des Brésiliens souhaitent qu’il reste incarcéré.

Avec RFI

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