Caravane des migrants: la solidarité des Mexicains en action




Au Mexique, nouvelle étape pour les migrants honduriens qui progressent lentement, mais sûrement. Ce jeudi, ils ont parcouru quelque 40 kilomètres pour rejoindre la petite ville de Pijijiapan, où ils sont arrivés dans la matinée déjà. Un parcours harassant, en particulier pour les enfants. Et l’accueil des Mexicains face à cette marée humaine est incroyable.

Pour ces enfants, c’est un périple long, périlleux et angoissant. Sur les routes dangereuses du sud du Mexique, ils marchent aux côtés de leurs parents qui portent les plus jeunes dans leurs bras. Certains voyagent même en landau, comme c’est le cas des deux filles de Digna Vera, âgées de 3 et 6 ans. « L’une va dans la poussette et l’autre marche à côté. Et de temps en temps, je la mets aussi dedans. Parfois elles se mettent à pleurer. Elles me disent ‘on n’en peut plus, maman, on retourne en arrière’… », nous raconte Digna Vera.

Ces enfants doivent marcher sous un soleil implacable qui provoque chez eux une rapide déshydratation. En plus, les conditions précaires dans lesquelles ils vivent lors des étapes sont propices aux développements de maladies. En plus des 1500 enfants, on recense 16 femmes enceintes, dont certaines sur le point d’accoucher . C’est le cas de la femme de Mario Mejía qui marche avec son enfant et sa femme, « enceinte… de huit mois déjà !  »




Si ces migrants acceptent de faire courir ces risques à leurs proches, c’est parce qu’ils ne veulent pas que leurs enfants connaissent la violence et la pauvreté qui ont poussé ces Honduriens à fuir leur pays.

Les Mexicains solidaires

Force est de constater que les Mexicains font preuve d’une grande solidarité face à ces migrants. Et cela même s’ils envahissent les villes où ils s’arrêtent et occupent l’espace public. Cette solidarité s’est exprimée une fois de plus à Pijijiapan, où les autorités municipales ont pris les choses en main. Dès qu’elles ont su que leur ville serait une étape de la caravane, elles ont tout organisé pour aider les migrants durant leur bref séjour.

De sorte que jeudi matin, de nombreux stand étaient déjà prêts à accueillir les premiers arrivants. Pour ce faire, les employés municipaux avaient été appelés à prêter main forte. Ici ils distribuaient des sandwichs ; là, ils remplissaient d’eau des sacs en plastique. Plus loin, ils dirigeaient les malades vers des tentes, où se trouvait du personnel soignant appartenant soit à la Croix Rouge, soit au ministère de la Santé du Chiapas, soit à l’organisation Caritas qui avait déployé infirmières et religieuses.

Ainsi la petite Denise Ortega, un an et demi, vient d’être examinée. « Elle souffre d’une infection. Elle a de la température. On va l’emmener chez un docteur pour qu’il l’ausculte et lui prescrive un traitement efficace », nous explique Jésus Gomez, de la Croix-Rouge, qui vient de l’ausculter.

Et bien sûr la population s’est aussi impliquée dans ce soutien logistique. Par exemple dans la distribution de vêtements pour permettre aux  migrants de se changer. Des migrants qui ont pu profiter aussi de la proximité d’une rivière pour prendre un bain réparateur, avant de poursuivre leur route vers le nord.

 

Sur la place principale de Pijijiapan (Chiapas), les migrants ont dressé un campement improvisé, le 25 octobre 2018.

Laisser un commentaire