CPI: jugement attendu contre l’ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda

La Cour pénale internationale rend son verdict contre Bosco Ntaganda lundi 8 juillet. Les juges doivent dire si l’ex-chef de guerre est coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis en 2002 et 2003 en Ituri, dans l’est de la RDC.

Bosco Ntaganda fut-il un combattant aguerri, soucieux des lois de la guerre comme l’affirme sa défense ? Ou le « Terminator » décrit par l’accusation ?

L’ex-commandant en second de l’Armée patriotique pour la libération du Congo voulait s’emparer des sous-sols de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, mines d’or, de coltan, de diamants. C’est la thèse de l’accusation.

Mais le procès en a plus dit sur l’horreur quotidienne infligée sous ses ordres, lors des violences de 2002 et 2003, que sur son propre enrichissement. Des civils, hommes, femmes, enfants massacrés à l’église de Savo, des viols, des pillages, des destructions. L’accusation évoque près de 800 morts, 140 000 déplacés sur ce seul épisode des guerres de l’Est congolais.

L’acte d’accusation ne couvre qu’une infime partie des 25 ans de carrière du milicien, qui risque jusqu’à 30 ans de prison, même si le procès n’a fait qu’effleurer ses soutiens rwandais, ou s’il a fait l’impasse sur les derniers combats de Bosco Ntaganda au sein du M-23 – la dernière milice qu’il a commandée – quand il régnait en seigneur de guerre sur le Nord Kivu.

Lâché par le Rwanda en mars 2013, il n’avait alors d’autre choix que la reddition ou la mort. À La Haye, au cours des quatre années de procès, le milicien n’a rien dit du soutien rwandais à ses guerres. Mais experts et natifs des Grands Lacs estiment qu’il est venu en bon soldat à la Cour. S’il est reconnu coupable, il emportera néanmoins dans sa future prison les secrets de l’est congolais.

La peine ne sera pas prononcée avant plusieurs mois, mais l’ex-milicien risque jusqu’à 30 ans de prison.

AFP

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