Hommage à Lutumba Simaro Masiya : le patriarche Ganga Edo parle de l’artiste poète

Décédé le 30 avril dernier à Paris et inhumé le 5 mai à Kinshasa, Simon Lutumba Ndomanueno a été un formidable artiste musicien, témoigne Ganga Edo qui l’a reçu au sein du groupe OK Jazz.  

« C’est moi qui ai reçu Lutumba Simaro Masiya au sein du groupe OK Jazz en 1961. A l’époque c’était encore le groupe OK Jazz, c’est bien plus tard que Luambo Makiadi a créé le Tout puissant OK Jazz. Nous étions six à l’OK Jazz. Il y avait Franco (guitare), Vicky Longomba, Edo Ganga que je suis, et Kouka Célestin au chant, De la Lune (grande basse) et Bossouma (batterie) et enregistrons aux éditions Loningisa », se souvient Ganga Edo.

En effet,explique-t-il, au sein du groupe OK Jazz, il y avait une certaine discipline qui exigeait à chaque membre de porter la tenue en uniforme chaque fois qu’il y avait concert. A l’époque, le groupe se produisait toute la semaine. Un jour, il devait se produire à « Congo bar ». Luambo Makiadi Franco (à l’époque simple membre comme les autres), arriva au concert en tenue col-roulé, bafouant ainsi le règlement intérieur. Le chef d’orchestre de l’époque, Daniel Loubelo dit De la Lune, appliqua la loi en interdisant à Franco de monter sur scène et prendre la guitare. Il lui fait lire le règlement intérieur. qui faisait obligation à tout le monde de s’habiller en uniforme. Et pour ce faire, Luambo écopa d’une sanction de quinze jours. Dès lors, il s’est posé un problème de remplacement de ce géant à la guitare. C’est à ce moment que Brazos qui connaissait un jeune guitariste, alla le chercher. Ce jeune guitariste n’était  que Simon Lutumba Ndomanueno, explique le patriarche Ganga Edo.

Quinze jours après, Franco finit sa petite punition. Lorsqu’il arrive, il trouve le jeune Simon Lutumba Ndomanueno grattant magnifiquement à la guitare. Tout au début, ça lui avait fait mal mais après ils s’ccordèrent, jusqu’à créer plus tard le Tout Puissant Ok Jazz avec Luambo Makiadi comme président. C’est ainsi que Lutumba Simaro Masiya a fait son entrée dans l’OK Jazz, précise-t-il.

« J’ai perdu un petit qui était formidable. Il m’aimait beaucoup et ne pouvait pas venir à Brazzaville sans chercher à me rencontrer. Même quand on l’appelait pour jouer à Brazzaville, il m’invitait. C’est un petit qui était trop attaché à moi. Il avait le don de la musique. Perdre de tels parents, ça fait beaucoup mal », déplore Ganga Edo, lui-même âgé de  86 ans à ce jour.

Avec ADIAC

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