Il y a vingt-deux ans, Ntesa Dalienst enflammait la scène musicale congolaise




La rumba congolaise perdait, le 23 septembre 1996, une de ses légendes, Daniel Ntesa Nzitani dit Dalienst, décédé à Bruxelles, en Belgique, à la suite d’une opération chirurgicale au niveau du cerveau. Vingt-deux ans après, le mois de septembre ouvre une brèche qui rappelle les succès de ce grand chanteur, comme « Bina na ngaï na respect », un tube fustigeant le manque de politesse à l’égard des femmes d’autrui.

 

Né le 30 octobre 1946, à Kinsiona, dans la province du Bas-Congo, en République démocratique du Congo, Daniel Ntesa Nzitani débuta ses études chez les catholiques en 1951, à Christ-Roi. De parents kimbanguistes, son père souhaita le voir chanter dans la chorale «Kintuadi». Ils l’envoyèrent en pension à Nkamba, au Bas-Congo, et ensuite à l’Ecole normale de Gombe-Matadi, où il fit partie de la chorale.

En 1956, âgé de 10 ans, il monta un orchestre de jeunes dénommé Motema Jazz. Ces derniers jouèrent avec des boîtes de conserve et des guitares de fabrication artisanale. Daniel Ntesa Nzitani fréquenta à cette époque l’école des missionnaires catholiques à N’Djili où on leur apprit des chants religieux.

Diplômé des études secondaires pédagogiques, il enseigna une année durant au cycle d’orientation, avant d’embrasser la carrière musicale en 1966.

En 1967, il fut engagé dans l’orchestre Vox Africa de Jeannot Bombenga Wa Wewando où il joua avec Sam Mangwana. Ntesa se fit remarquer dans les titres « Aline » et  » Likuta ya pembeni epekisami »Une année après, en 1968, Sam Mangwana et Vangu Guvano, quittant l’African Fiesta National de Rochereau Pascal Tabu, montèrent l’orchestre Festival des Maquisards avec Lokombe, Dizzy Mandjeku, Johnny Bokosa, Mavatiku Michelino et Diana qui vint, lui aussi, de quitter Rochereau.

En 1969, après une scission du Festival des Maquisards, Guvano monta l’orchestre Dua et Sam changea la dénomination de son groupe, qui devint le Festival de Sam. Abandonné donc par Sam et Guvano, Dalienst désemparé envisagea de retourner dans Vox Africa. Dizzy Mandjeku, à qui il en parla, lui suggéra de monter un nouvel orchestre. Ils s’adressèrent à Verckys Kiamwangana pour donner corps à leur projet. Ainsi, naquirent les Grands Maquisards. Dizzy Mandjeku et Dalienst contactèrent Lokombe et Diana qui les rejoignirent. Ils enregistrèrent six disques pour le compte des Editions Vévé: « Mado » de Lokombe,  » Esese » de Diana, « Obotama mobali, ndima pasi », »Maria Mboka », « Biki 1 et 2 », « Tokosenga na Nzambe » de Dalienst. Ce fut le succès !

Ces premiers succès des Grands Maquisards seront suivis par d’autres tels que « Mabala ya Kinshasa », »Kaka po na ye » de Dizzy Mandjeku, « Sofia » de Diana, « Kayumba Marthe » et « Tolimbisana » de Lokombe, Kiese Diambu,  » Jarrya », « Mavata », « Beneda », « Sisimoke » de Dalienst, « Kimbokoto » de Franck Nkodia…




Malheureusement, l’orchestre Les Grands Maquisards, grande force musicale, fut composé de jeunes dépourvus d’expérience et de sens des affaires. Luambo Makiadi Franco et le TP OK Jazz recrutèrent, en 1976, Dalienst Ntesa, en même temps que le guitariste soliste Thierry Mantuika. Ntesa y resta neuf ans et devint chef d’orchestre pendant sept ans, signant plusieurs titres à succès, dont  » Muzi », sorti en 1980 et  » Bina na ngaï na respect » en 1981.

Ces deux œuvres furent plébiscitées meilleures chansons en 1980 et 1981. Et l’auteur désigné meilleur chanteur et meilleur auteur-compositeur deux années consécutives. Le TP OK Jazz fut consacré même meilleur orchestre du pays.

En 1982, le TP OK Jazz sortit l’album  » Princesse Kiku ». En dehors de ce titre de Franco, l’album comprenait « Mawe » de Pépé Ndombe, « Nostalgie Tanzi » de Josky Kiambukuta et la chanson « Tantine » de Ntesa. La même année, Ntesa fit partie de l’aile du TP OK Jazz qui s’installa à Bruxelles. Il y sortit plusieurs titres.

En 1984, sa chanson « Muzi » fut reprise dans la compilation  » African Music » du grand artiste camerounais de renommée internationale Elvis Kayo.

Il s’installa définitivement à Bruxelles, en 1985. Ntesa imprima en 1987 une belle chanson,  » Coup de foudre », dans l’album « Maracas d’or », dans lequel il excelle dans la chanson « Tangawisi » de Papa Noël Nedule.

En 1988, à 41 ans, il nourrit l’idée de récréer Les Grands Maquisards mais en vain. Le projet n’aboutit point. La même année, il sortit son premier album solo, produit par Luambo Makiadi Franco, « Mamie Zou », qu’il joua avec le concours du TP OK Jazz. Il compte quatre titres :  » Mamie Zou », « Dodo », « Nalobi na ngaï rien » et   » Batindeli ngai mitambo ».

Chanteur de charme et auteur-compositeur très populaire dans son pays, Ntesa s’attira respect et reconnaissance chez les Congolais qui continuent de fredonner ses tendres mélodies dont il eut seul le secret.

Avec Adiac

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