La désobéissance civile, nouvelle arme des militants pour le climat

Depuis neuf mois, les jeunes marchent tous les vendredis pour le climat dans le monde entier. Aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui font la grève scolaire pour marcher dans les rues, à l’appel de Greta Thunberg, la jeune militante suédoise pour le climat. Les jeunes marchent pour appeler leurs aînés à réagir, à ralentir le réchauffement de la planète en réduisant maintenant les émissions de gaz à effet de serre. Mais visiblement, manifester ne suffit plus et l’on voit apparaître d’autres formes de lutte, en particulier la désobéissance civile.

La désobéissance civile, c’est le refus assumé et public de se soumettre à une loi, un règlement ou un pouvoir que l’on juge inique, injuste, par des moyens pacifiques. C’est le titre d’un essai publié en 1849 par l’américain Henry David Thoreau, qui refusait de financer la guerre contre le Mexique. Pour Elodie Nace, du mouvement Action Non Violente COP21, cette nouvelle forme de lutte répond à l’absence de réaction du gouvernement Macron, qui promet beaucoup pour le climat mais agit peu : « Oui, des lois sont votées mais le système lui-même est de plus en plus illégitime puisqu’il nous précipite vers la catastrophe (…) la désobéissance civile nous permet de mettre en exergue la différence entre légalité et légitimité ».

Agir pour faire réagir

Les objectifs des actions de désobéissance civile sont de mettre les acteurs devant leurs responsabilités et de les gêner dans leurs actes pour les pousser à réagir. Le 19 février dernier, plus de 2 000 personnes ont répondu à l’appel d’ANV-COP21 pour bloquer les tours des pétroliers Elf et Total, ainsi que celle de la banque Société Générale, à la Défense à Paris. Depuis fin février, il y a des décrochages symboliques de portraits du président Macron dans les mairies, qui ont valu à des militants de longues heures de garde à vue et quelques passages en justice.

Défilé masqué

Les actions de désobéissance civile s’appuient souvent sur l’effet de surprise, mais le mouvement Désobéissance Ecolo appelle aujourd’hui à défiler avec des masques d’animaux sur la tête pour un carnaval de la biodiversité masquée. Pourtant, l’acte de désobéissance civile se fonde sur l’action à visage découvert, puisqu’il s’agit d’assumer son désaccord, mais ici, le but est de désobéir à la loi anticasseurs du gouvernement qui interdit de défiler masqué. Pour Léna Lazare, co-fondatrice de Désobéissance Ecolo Paris, « nous ne sommes pas tous égaux devant la répression et défiler masqué peut permettre à des jeunes de quartiers stigmatisés de venir manifester (…) et ça pose aussi la question du fichage des manifestants par l’État ». Mais masqués ou non, à deux jours des élections européennes, il se pourrait bien qu’il y ait du monde dans les rues aujourd’hui pour demander une véritable Europe de la lutte pour le climat.

RFI

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