Le « kanga leki na kanga yaya » de Ngatsono et Okou Akaba




Dit-on souvent que le passé ne revient jamais et que l’histoire est le récit des événements passés. Les belles ambiances lors des derbies à l’ex stade de la révolution ne reviendront plus jamais et se limiteront à n’être que contées

Entre Etoile du Congo face à Diables Noirs ou Cara et Cara face à Diables Noirs ou Etoile du Congo, les journalistes sportifs ne pouvaient s’ennuyer et s’assuraient une bonne retransmission radiophonique.

Si les journalistes avaient de la matière à bousculer les émotions des auditeurs, les supporteurs, eux, ne pouvaient qu’aller aux limites de leur extase du côté de Pekin ou en face chez les Steliens. Jean Atarabounou, grand commentateur sportif en langue Lingala ne s’était- il pas laissé emporter d’émotion lors d’un match opposant Etoile du Congo à Inter club ?

Alors que Mbongo Guelor venait de doubler la mise après une erreur monumentale du gardien Stelien Ossebi, Atarabounou s’offusqua : «  Mais Ossebi oyo nini osali ?… » Quelques minutes plus tard, quand Ekie Mbole égalisa comme toujours de la tête, le journaliste montra son côté Stelien : «  to zonguisi » « Goool Ekie Mbole eeee,mobali ya tembe,motu ya minguetéeee…Awa na révolution Inter club 2,Etoile du Congo,Bisso mpe to wuti ko zonguissaaaa…Bandeko bolimisa nga,monoko ebeti libaku…Etoile ewuti ko zonguissa »




C’était ce genre d’anecdotes qui agrémentait la fête du stade de la révolution avec le grand supporteur Mougnam (paix à son âme) de l’Inter Club. Didier Kabala, alors, avant centre des militaires venait de manquer plusieurs occasions de but avant que l’entraîneur ne décide de le remplacer. Mais, jugeant qu’il jouait bien, Kabala s’opposa au changement et les supporteurs de Diables Noirs (l’équipe adverse) improvisaient un chant : « Kabala, Kabala tio ki wulu kwa kena »

Du côté de Pekin, c’était la fête, l’extase totale…On avait l’impression que les gradins de la révolution allaient s’écrouler. Et pour cause, Diables Noirs menaient à 5mn de la fin Cara 2 à 1. Le grand Cara de Ngapy dit Capelman,Ngakosso Tout Bouge, Erik Mantot, Docteur Nkeoua et Ngombo Ley. A chaque débordement de Bakekolo Kwakara, les Yaka dia mama chantaient le malheur du latéral Eric Mantot.

On entendait en dehors des habituels Muntu fwa ku…Kiadi Mundelé dia ngani. Le Mundélé étant Eric Mantot. Pendant que les supporteurs de Cara, attristés par cette éventuelle défaite quittaient le stade sous les moqueries des ceux de Diables Noirs, Ange Ngapy depuis l’entrée de la surface fusillait le gardien des noirs jaunes qui ne put éviter que la balle se retrouve au fond des filets.




Les supporteurs de Cara qui se retrouvaient les uns à Diata et d’autres au rectorat retournèrent au stade pour bien jubiler et rendre la monnaie à ceux des Diables Noirs. Pour se défendre d’avoir encaissé le but d’un tir de plus de 30 mètres, le gardien Diablotin affirma avoir vu une boule de feu à la place du ballon. Une justification tirant plus vers le Tao Tao à révolution de Ghislain Joseph Ngabio.

En ce dimanche, la ville est morte, et pour cause, Diables Noirs et Etoile du Congo avaient rendez vous au stade de la révolution dans un derby où les Noirs et jaunes étaient plus que convaincus de corriger les Verts et Jaunes.

Les Yaka dia mama avaient de bonnes raisons de croire en leur supériorité qualitative. C’était l’équipe dorée de Kwakara et son jeune frère Yobo System qui écrasait tout à son passage. Etoile du Congo, ne pouvait leur résister malgré les faveurs arbitrales sous l’ordre du Pouvoir, aux Steliens.




D’ailleurs pour mettre l’arbitre sous pression, dès le début de la rencontre, à Pekin c’était la dénonciation sous une chorale bien coordonnée : «  Bô ba bindamana Diables Noirs é Sala ba sala…Héé é Simba Tsakala I bwiri é… ». Indexant quelques autorités du côté de la tribune d’honneur, la pression des supporteurs des Diables Noirs devenait de plus en plus forte avec Muntu fwa ku,Muntu Fwa ku.

Face à cette provocation de Pekin, les supporteurs Steliens répondaient par les signes d’abandon, comme pour dire que Diables Noirs est la seule équipe anti fair play qui quitte le terrain en plein cour du jeu.

Étrangers à cette confrontation de leurs supporteurs, les joueurs eux, tentaient d’en découdre sur le terrain. La domination des Noirs et Jaunes était évidente sur le terrain où les frères Bakekolo rendaient folle la défense Stelienne. Abreuvés par cette domination, depuis Pekin les provocations fusaient en forme des gestes des piroguiers accompagnés du fameux refrain «  Ah Yobo na mu kangé Yobo »

Yobo System se faufilait dans le milieu Stelien comme dans sa chambre, et ni Moundane et Tsielontiené ne pouvaient le stopper, poussant Ngatsono à donner des instructions claires à Okou Akaba «  Okou,Kanga leki,Nga na kanga Yaya ».

La plus grande injustice faite à Diables Noirs face à Etoile du Congo par l’arbitre Ondzel

Comme avec la grande équipe de Kwakara , Yobo les Yaka Dia Mama sont au rendez vous au stade de la révolution pour cet énième derby face à l’Etoile du Congo. L’équipe se sent forte et est composée des jeunes joueurs talentueux encadrés par le doyen Mbemba Tostao qui a fait son come back.

On y retrouve entre autres Kiemba dit Petit Pélé, Petit Kouvouama, Samba Brice. Des joueurs qui vont mettre en difficulté Etoile du Congo tout le long de la partie menant au score à maintes reprises. Le marquoir affiche un score nul de 3 buts partout à 5 mn de la fin du temps réglementaire, quand Petit Pélé sème le désordre dans le camp Stelien et sert sur un plateau un or une passe de gol au Petit Kouvouama.

Le petit Kouvouama se retrouve seul face au gardien Stelien Ossebi surnommé depuis l’écrasante et douloureuse défaite face au Zaïre (2 à 5) « office congolaise des buts ». Pendant que les supporteurs Steliens croisent les gouttes, ceux de Pekin voient déjà le but de la victoire et accompagnent l’action quand soudain l’arbitre Ondzel siffle la fin du match, ne laissant terminer l’action et à 5mn du temps réglementaire.

Stupéfaits, les joueurs et supporteurs de Diables Noirs, contrairement à d’autres jours ne se fâchent pas et ne commettent pas des dégâts. Mais, célèbrent cette action «  macro » de l’arbitre comme une faiblesse de leur adversaire associé au pouvoir politique. A Pekin c’est la fête totale, des gens se déshabillent et entonnent la fameuse chanson «  Bô Ba bindamana Diables Noirs é Sala ba sala,éééy Simba Tsakala … » Bonazebi, l’attaquant de l’Etoile du Congo et bête noire des Diablotins est la victime choisie à cet effet par les supporteurs de Pekin. Le rappelant ses origines du Pool on lui signifie son nouveau statut de piroguier chiant dans le fleuve.

Le Vieux Nkodia, qui à chaque défaite de Diables Noirs n’adresse la parole à personne et refuse de manger est si heureux que sa femme s’étonne de cet état :

  • Ah kâ mâ Nkodia donc lu bakiri ?

Arborant un sourire moqueur, le vieux Nkodia qui exige d’être servit dans la cour pour lancer des «  Bi bwakelas » à son voisin Stelien rétorque à sa femme :

  • Tu ba batiri 3 et demi à 3

Etonnée par ce score, sa femme lui repose la question avant qu’il ne réponde à haute voix :

  • Match 3 à 3 i bele kenda, Mu dernier ngonga, Petit kouvouama yandi kaka face ya faux gardien y oba tambilaka Ossebi…Zoba dia arbitre yo Ondzel shiri Sifflé la fin du match. Donc comme déjà But yi beleke,yeka moitié But.

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