L’épidémie de chikungunya fait des ravages à Pointe-Noire




Déclarée le 9 février dernier par le gouvernement, dans le département du Kouilou, l’épidémie chikungunya ou « palu pongo » qui a atteint désormais Pointe-Noire ne cesse de faire des victimes. Les hôpitaux ainsi que les centres de santé intégrés sont actuellement débordés des malades. La propagation fulgurante de cette maladie inquiète les populations. 

L’épidémie de chikungunya (palu pongo) qui sévit lourdement à Pointe-Noire fait déborder les centres de santé en posant ainsi le problème de la prise en charge des malades. « Nous sommes actuellement deux ou trois malades dans un petit lit. Nous sommes parfois perfusés assis à l’accueil par manque de places au lit. Je vous assure que le traitement et les examens nous coûtent un peu cher », s’indigne Rosalie Tsiba, une patiente au centre de santé intégré de Mbota dans le 4ème arrondissement Loandjili.

Les malades atteints de chikungunya se plaignent ne pas bénéficier d’une assistance étatique. « Depuis que je suis venu avec mon père ici à l’hôpital, on ne bénéficie d’aucune prise en charge gratuite de l’Etat. Je ne vois aucune présence des autorités congolaises. Ces autorités ne communiquent pas non plus sur la maladie », souligne Franck Eloy, un garde malade à l’hôpital Congo Malembe dans le 3ème arrondissement Tié-Tié.

Les responsables des centres de santés craignent une catastrophe avec affluence des malades. Les populations, elles, attendent que les pouvoirs publics prennent de dispositions nécessaires en vue d’une prise en charge médicale pour les appuyer, surtout en cette période de vache maigre.




Le 19 février, la directrice de la santé dans le département du Kouilou, le Dr Chantal Pauline Portella avait communiqué sur la présence dans ce département de l’épidémie chikungunya. Elle avait alors indiqué que le premier cas avait été notifié le 7 janvier. « Du 13 au 17 février, 176 nouveaux cas suspects ont été identifiés dont 41 à Diosso, 15 à Matombi, 78 à Loubou, 18 à Mengo, 19 à Les Sara, 1 à Doumanga et 4 à Kakamoeka », avait-elle dit.

La fièvre à virus chikungunya est une maladie virale transmise par la piqûre de moustiques Aedes contaminés. Elle dure généralement deux à dix jours et provoque de fortes douleurs articulaires souvent invalidantes (poignets, doigts, chevilles, pieds) mais aussi les genoux et plus rarement, les hanches ou les épaules. A cette atteinte articulaire s’associent fréquemment des maux de tête, accompagnés de fièvre, des douleurs musculaires importantes, une éruption cutanée au niveau du tronc et des membres, une inflammation d’un ou plusieurs ganglion(s) lymphatiques cervicaux ou encore une conjonctivite. Le chikungunya est rarement mortel. La prise de l’aspirine est déconseillée.

La prévention de cette infection est à la fois collective et individuelle. Il s’agit de limiter l’exposition aux moustiques vecteurs, en portant des vêtements longs, en s’appliquant des répulsifs cutanés et en utilisant des insecticides sur les vêtements et les moustiquaires. Une lutte anti-vectorielle à large échelle consiste en des épandages précautionneux d’insecticides et une élimination des gîtes larvaires potentiels autour des habitations, des pots de fleur, récipients divers, pneus usagés, déchets encombrants, etc.

La prise en charge médicale est purement symptomatique, reposant sur des traitements anti-douleurs et anti-inflammatoires. Ces traitements n’ont cependant aucun effet préventif sur la survenue d’une évolution chronique. Une corticothérapie peut s’avérer nécessaire dans les formes sévères d’évolution subaiguë-chronique.

Avec VOX

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