L’Espagne, bonne élève dans la lutte contre les violences faites aux femmes

Selon la page Facebook intitulée « Féminicides par compagnons ou ex », 61 femmes ont été tuées en France par leur conjoint ou ex-partenaire depuis le début de l’année. De l’autre côté des Pyrénées, en Espagne, ce chiffre a décru considérablement grâce à une batterie de mesures efficaces.

Le terme « féminicide » est défini par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l’homicide volontaire d’une femme parce qu’elle est une femme. En Europe, selon les statistiques compilées par Eurostat, la France se place juste derrière l’Allemagne. Les chiffres de 2019 s’annoncent catastrophiques avec déjà 61 victimes fin avril, révélant ainsi qu’une femme est tuée par son compagnon ou ex-compagnon tous les deux jours.

Cependant, nombreux sont les cas qui ne sont pas médiatisés en tant que tels, indique la page Facebook « Féminicides par compagnons ou ex ». La presse et les réseaux sociaux requalifient souvent les cas de femmes assassinées en « drames conjugaux » ou encore en « crimes passionnels », « ce qui contribue à banaliser et à excuser les violences faites aux femmes », explique le groupe sur Facebook.

En revanche, l’Espagne a connu une diminution progressive du nombre de femmes victimes des hommes violents. Cette année le pays a enregistré 30 féminicides, soit deux fois moins que son voisin français. Depuis 2004, le pays s’est doté d’un système juridique performant en introduisant une série de réformes destinées à lutter contre les « violences machistes ».

Zone de restriction et bracelet électronique

L’Espagne a développé des bureaux d’aide et d’assistance juridique et psychologique aux victimes et mis en place des tribunaux spécialisés dans lesquels les juges ont 72 heures maximum pour instruire un dossier. De plus, le recours au bracelet électronique connecté pour les auteurs de violences machistes est devenu quasi systématique.

Ce dispositif de géolocalisation appelé « pulsera electrónica » fonctionne par réseau 3G 24 heures sur 24. Si un ancien conjoint condamné pour violence conjugale pénètre dans une « zone de restriction » d’environ 500 mètres entre lui et son ex-compagne, une alarme se déclenche au Cometa, le centre de contrôle national centralisant toutes les alertes. Les forces de l’ordre interviennent alors en moins dix minutes en cas de signalement.

En Espagne, environ 1 150 hommes considérés comme « violents » portent ce genre de montre connectée. En France, la présidente et le procureur du tribunal de Pontoise appellent le gouvernement à les autoriser à tester un bracelet électronique équivalent pour maintenir à distance les hommes violents.

Avec RFI

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