L’interdiction de la fessée divise toujours les Français




Les députés français ont voté jeudi 29 novembre l’interdiction de la fessée. Le texte vise à bannir les violences éducatives ordinaires. La France pourrait ainsi devenir le 55e Etat au monde à interdire les châtiments corporels sur les enfants.

C’est l’heure de la sortie des classes dans cette école primaire de l’ouest parisien. A l’entrée les parents, venus chercher leurs enfants, sont divisés sur une possible interdiction de la fessée. « Je suis d’accord, parce qu’il y a des enfants qui sont traumatisés par ça, lâche une maman. Par rapport à mes enfants, parler une ou deux fois suffit ».




« Cela peut être utile, réplique une autre. Evidemment, il faut que cela soit raisonnable. Ce n’est pas la grosse claque, ni la grosse baffe, mais une petite fessé, cela remet les idées en place ». Hier, jeudi 29 novembre, l’Assemblée nationale a adopté par 51 voix contre 1 un texte du MoDem, co-signé par des élus d’autres groupes, interdisant la fessée en France.

« Dans les pays, où la loi a interdit, la violence éducative ordinaire, le nombre de cas de maltraitance a considérablement diminué. Je pense que c’est un des arguments qui peut le plus convaincre », fait valoir Olivier Maurel, fondateur de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire et un militant historique de l’abolition de la fessée. Une vaste étude récente menée auprès de 400 000 adolescents dans 88 pays a en effet montré une baisse de 20 % des rixes entre garçons dans les pays qui interdisaient la fessée.

70 et 80% des Français seraient favorables

Si elle est actée à la fin du parcours législatif, l’interdiction de la fessée permettrait à la France d’être en conformité avec les traités internationaux, alors que le pays a été épinglé à plusieurs reprises par les instances internationales. La France deviendrait ainsi le 55e Etat à interdire totalement les châtiments corporels. La Suède, qui a légiféré dès 1979, a été pionnière dans ce domaine. Elle a rapidement été par ses voisins finlandais et norvégien.

Selon les sondages, entre 70 et 80 % des Français seraient favorables aux châtiments corporels même si aucune étude scientifique n’a jamais prouvé les vertus éducatives de la fessée. Au contraire : les corrections données aux enfants réduiraient leurs capacités cognitives et augmenteraient leur agressivité et les problèmes de santé.

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