Médias : un regard sur la régulation du cadre juridique de la presse




En vue d’asseoir les conditions durables d’une presse libre, indépendante, pluraliste et responsable au Congo, le ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou, représentant le Premier ministre, chef du gouvernement, a ouvert le 25 octobre à Brazzaville, les assises de la presse congolaise.

 

La rencontre se tient sur le thème « la presse congolaise, vingt-cinq ans après les Etats généraux : bilan, enjeux et perspectives à l’ère du numérique ».  Elle va  permettre aux participants de jeter un regard sur les pratiques de la presse congolaise et de sa régulation afin de dégager les perspectives au moyen d’un dialogue.

Elle va regrouper du 25 au 28 octobre, les acteurs venus de plusieurs horizons, dont les représentants des organes de régulation des médias de quelques pays d’Afrique, les représentants des organisations onusiennes et bien d’autres.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs allocutions, notamment celles du ministre Raymond Zéphirin Mboulou, de son collègue de la Communication et des médias, Thierry Lézin Moungalla, du président du Conseil supérieur de la liberté de communication, Philippe Mvouo, et des représentants des organisations internationales, à savoir l’Unesco, Union européenne et l’Organisation internationale de la francophonie.




Raymond Zéphirin Mboulou a souligné que la pratique du journalisme au Congo n’est pas encore au niveau souhaité, estimant qu’elle s’intéresse plus à la diffamation et aux rumeurs qui aggravent les faits.

Il a, par ailleurs, émis le souhait que de ces travaux, découle un cadre juridique fiable adapté à un paysage qui donne naissance à un nouveau type de journalistes. Ces derniers a-t-il ajouté, doivent mettre en exergue l’information fiable qui contribue à l’émancipation des citoyens.

Thierry Lézin Moungalla, pour sa part, a renchéri que ces assises auront une portée historique sur le changement dans les fondements règlementaires et juridiques, comme dans l’approbation des technologies par les professionnels, les questions concrètes liées à leur statut, aux règles de déontologie et à la définition des nouveaux métiers générés par la révolution numérique.

Selon lui, le gouvernement attend de ces assises des propositions concrètes, la révision et l’adaptation des textes pratiques.

Le président du Conseil supérieur de la liberté de communication a quant à lui insisté sur la mauvaise pratique du métier par les professionnels de l’information.

D’après lui, le vrai journalisme professionnel doit porter la croix du salut pour le bien-être des hommes et de développement de la société. « Ce journalisme professionnel doit toujours travailler dans l’objectivité, se laisser gouverner par l’objectivité et se montrer créatif pour rendre le bon service public attendu de lui, rien que le bon service public, sans plus », a déclaré Philippe Mvouo.

Cinq cent trente journalistes tués entre 2012 et 2016

Au nom du représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) au Congo, le Dr Jean Pierre Ilboudo a présenté le rapport global 2017/2018 des tendances mondiales en matière de liberté d’expression et de développement des médias.

Le rapport souligne quatre dimensions clés de la liberté d’expression : la liberté des médias, le pluralisme des médias, l’indépendance des médias ainsi que la sécurité des journalistes.

En ce qui concerne le volet de la sécurité des journalistes, a souligné Jean Pierre Ilboudo, les attaques restent plus tendues avec cinq cent trente journalistes tués entre 2012 et 2016, dont soixante-treize en Afrique subsaharienne, soit deux décès par semaine en moyenne.

Les meurtres des femmes journalistes ont augmenté pendant la période considérée, passant de cinq femmes tuées en 2012 à dix en 2016. Neuf cas sur dix restent en la matière restent impunis.




Il a, en outre, assuré le gouvernement de la disponibilité de l’Unesco à moderniser le secteur de la communication, avant de formuler le vœu que ces assises prennent en compte les mutations politiques, technologiques, juridiques et économiques, et les enjeux des objectifs de développement durables.

Notons que pendant quatre jours, des panels seront donnés sur la régulation et corégulation de la communication, la communication sur l’Etat des lieux de la presse congolaise. Les participants bénéficieront également des échanges d’ expériences de différents pays invités.

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