Paris : un tonton congolais en pleurs dans un Nganda en écoutant Mbongo de Mayaula Mayoni




Remonter ses souvenirs est toujours une épreuve à double facette en navigant entre le positif et le négatif. Un tonton congolais, perdu dans un nganda de Château Rouge dans le 18e arrondissement de Paris s’est vite souvenu de la bonne vie menée il y a des années. Chassé de la maison par sa femme, il passe son temps entre sa chambre d’hôtel et le quartier africain.

Franklin B, prétend avoir eu tout dans la vie avant de tout perdre et d’être même rejeté par celle qu’il a fait venir du Congo. Père de trois enfants qu’il ne voit plus depuis huit mois, il s’est réfugié dans l’alcool pour mieux susurrer : « Ah ! Tango na zalaki ».




Grand coopérant dans Paris, Franklin B dit avoir touché des millions et vécu la grande vie au point d’être le chouchou des artistes musiciens de la RDC. Des femmes, il en a connu une centaine, bien qu’aujourd’hui aucune ne lui prête attention.

MJ, son ex femme est l’une d’elles qu’il a fait venir du Congo et qui lui a donné trois enfants. Quand le « mayuya » a commencé à prendre une courbe descendante, Franklin B n’a pas su se recycler et a sombré dans l’alcoolisme.

Comme la majorité des congolaises de France, son ex épouse a sacrifié la vie de famille au profit des aides sociales. Franklin B s’est retrouvé dans la rue à la merci des assistants sociaux qui lui ont assigné une chambre dans un hôtel vers la place Clichy.

C’est dans les Nganda africains qu’il tue ses journées, vu que même le vol dans les boutiques ne lui sont plus favorables. Ses discours journaliers se résument à diaboliser son ex épouse et à revivre son passé.

Quand la gérante du Nganda, Loris la Congolaise a décidé d’égayer ses clients avec les mélodies de la chanson Mbongo du défunt Mayaula Mayoni, Franklin B, assis devant ses deux bouteilles de Pelfort a fait couler les larmes.




Malgré les mots d’encouragements des clients et de la gérante, les larmes ont continué à couler accompagnées de l’histoire de sa vie. Franklin B s’est totalement retrouvé dans le texte de cette chanson.

Brice Loubaki ( Paris )

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