Sila Bisalu: « La bonne pièce de théâtre est celle adaptée à un bon acteur »

Originaire de la République démocratique du Congo (RDC), Sila Bisalu est une actrice comédienne professionnelle vivant à Kinshasa. Du haut de ses quinze ans de carrière, celle qui se fait appeler la David Beckham de la scène théâtrale congolaise nous livre son parcours.

Parlez-nous de votre parcours

Sila Bisalu (S.B.) : Après avoir obtenu mon baccalauréat, j’ai vite débuté ma carrière à l’Institut national des arts et métiers grâce à de petites pièces théâtrales académiques. Par la suite, j’ai intégré la troupe de Faustin Elombe Sukari, dans laquelle j’évolue jusqu’à ce jour.

 Comment êtes-vous arrivée dans la comédie théâtrale ?

S.B. : Un fruit du hasard ou le destin, je n’en sais rien… En réalité, c’est le fruit d’une punition imposée par mon père suite à ma turbulence juvénile qui, d’ailleurs, a entraîné mon exclusion d’une école conventionnée. C’est alors qu’il décida de m’envoyer à cet institut des arts. Cela a influencé mes rêves d’adolescente. Je m’y suis entichée, en m’adaptant et j’y ai forgé ma carrière. Mais en amont, mon rêve était de devenir journaliste comme Chantal Kanyembo, que j’admire tant.

 Quelle était la réaction de vos proches après le choix d’adapter la punition à une carrière ?

S.B. : J’ai eu tout le monde à dos. Ma famille, mes amis du quartier qui se moquaient de moi sous prétexte que j’aurai pu faire autre chose. Par exemple, de l’animation culturelle puisque c’était une branche de la presse en lieu et place de me rabaisser au théâtre. Pour eux, j’avais opté pour un sot métier, nul et sans avenir surtout dans mon pays.

 Aujourd’hui, vous avez émergé et êtes considérée comme une grande actrice. Alors, que représente pour vous un grand artiste ?

S.B. : C ‘est celui qui doit avoir du talent pour commencer, être flexible dans les rôles et scènes et surtout avoir un esprit d’écoute tout en restant humble sous les reproches et remarques.

 Quel est le rôle qui vous a le plus marquée dans votre carrière ?

S.B. : C’est celui que j’ai incarné dans la pièce « Nouveau riche ». J’y jouais une Congolaise vivant en France et qui est revenue au pays après de longues années par amour pour son homme.

 Votre motivation dans la vie ?

S.B. : Ma foi en Dieu et en ce que je fais. Je ne baisse pas les bras afin d’atteindre mes objectifs et rester sereine dans mes entreprises.

Quels sont les avantages et désavantages d’être comédienne ?

S.B. : Des avantages ! Il y en a légion. Ce qui rend la liste très longue… Mais les désavantages, c’est quand les gens nous font coller, parfois, à la peau nos rôles, en nous jugeant par défaut.

 Qu’est ce qui rend une pièce de théâtre spéciale ?

S.B. : En somme, il n ‘existe pas de bonnes ou mauvaises pièces théâtrales mais plutôt de piètres acteurs. Ainsi, la bonne pièce de théâtre est celle adaptée à un bon acteur.

 Quelle est la place de la scène dans votre vie ?

S.B. : Elle représente ma seconde vie. J’aime mon boulot. La scène me procure une joie inexplicable et m’aide à comprendre certaines réalités. D’ailleurs, une anecdote : j’ai parfois du mal à me décoller d’un personnage dès que la saison théâtrale finit. Il me faut parfois des jours pour revenir à mon vrai moi… Rire.

 Vos projets ?

S.B. : Je rêve d’intégrer le cinéma, les scènes internationales et faire du One Women Show.

 Si on vous donnait l’occasion de changer une chose dans ce monde, que serait-elle ?

S.B. : Changer le cœur de l’humain, le rendre bon et moins mesquin.

 Un conseil pour ceux qui veulent faire votre métier ?

S.B. : La patience, la confiance en soi, la rigueur dans le travail et l’apprentissage.

Catégories Entretien

Laisser un commentaire