Sortie de crise en Equateur: le décret polémique sur les carburants retiré




Le mouvement indigène équatorien a mis fin à sa mobilisation. Suite à plusieurs heures de dialogue dimanche 13 octobre avec le président Lenin Moreno, ce dernier a accepté de déroger le polémique décret qui annulait les subventions sur les carburants pour en négocier un autre. Le gouvernement espère que cette concession permettra un retour au calme dans le pays, exhangue après 12 jours de manifestations violentes

Les deux parties se sont mises d’accord sur la préparation d’ « un nouveau décret qui annule le décret 883 » sur l’essence, et « avec cet accord la mobilisation se termine », a annoncé Arnaud Peral, représentant en Equateur de l’ONU, qui a facilité avec l’Eglise catholique la tenue du dialogue. « Les mesures appliquées dans tous nos territoires sont levées », a confirmé Jaime Vargas, président de la Confédération des nationalités indigènes de l’Equateur (Conaie) qui s’est félicité de la décision du gouvernement de négocier un nouveau décret cherchant à focaliser les subventions vers les plus pauvres, précise notre correspondant à Quito, Eric Samson.

Dans les rangs des manifestants, des cris de joie ont salué l’annonce de la restauration des subventions sur les carburants en échange de la fin du soulèvement indigène.

Pour Juan de la Cruz, le peuple est le vainqueur de la fin de la crise. « Parfois, quand un président a une équipe qui le conseille mal, ces choses-là arrivent. Grâce à Dieu, il a retrouvé la raison et a compris que nous l’avons élu et qu’il doit se soumettre à notre volonté », nous explique t-il. A l’issue des négociations, le leader de la Confédération des nationalités indigènes de l’Equateur (Conaie) a tenté de pousser son avantage. « Nous avons été victimes de tortures de la part des militaires et de la police. Cette violation des droits de l’homme est une raison suffisante pour demander la démission de la ministre de l’Intérieur Maria Paula Romo et du ministre de la Défense, le général Jarrín », a déclaré Jaime Vargas. Mais le président Lenin Moreno a répondu que changer le gouvernement était de sa prérogative. Il s’est félicité du retour de la paix alors que les barrages routiers commencent à être levés dans le pays, notamment à Quito, dans les régions amazonienne et andine.




Deux semaines de crise

L’Equateur vivait une crise inédite avec des blocages de routes, manifestations et grèves qui ont paralysé le pays depuis près de deux semaines, l’obligeant aussi à suspendre la distribution de près de 70% de sa production de brut. L‘état d’urgence a été déclaré le 3 octobre. La répression des manifestations et les affrontements ont aussi provoqué la mort de 7 personnes et blessé plus de 1300 personnes. Il y a aussi eu plusieurs centaines de personnes arrêtées. Les affrontements ont été particulièrement violents cette fin de semaine à Quito, la capitale.

La communauté indigène, et notamment l’une de ses organisations représentatives la Conaie, a été le fer de lance de la contestation contre les mesures imposées par le gouvernement du président Lenin Moreno, mesures négociées avec le Fonds monétaire international en échange d’un prêt de de 4,2 milliards de dollars. La communauté indigène, souvent pauvre et rurale, était particulièrement impactée par ces mesures. Des dizaines de milliers de membres des organisations indigènes s’étaient déplacés à Quito pour demander l’annulation des mesures économiques. Mais elle est aussi organisée : des milliers de ses membres des Andes et d’Amazonie ont quitté leurs villages pour camper à Quito.

AFP

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