Traite négrière : les Ponténégrins se souviennent du rôle de port de Loango

À trois jours de la commémoration de la Journée internationale de la traite négrière et de son abolition le 23 août de chaque année, certains habitants de la ville océane se sont exprimés sur le rôle qu’a joué le port de Loango lors du commerce des esclaves.

L’historien Paul Makaya que nous avons abordé a relaté le rôle de ce port. «L’histoire de l’esclavage intéresse plus particulièrement le Congo car ce sont des côtes d’Afrique centrale, du Gabon, Loango, Kakongo, Ngoyo, Kongo et Luanda qu’ est parti le plus grand nombre d’esclaves, soit 44,18%, contrairement à une idée reçue qui situe le gros du trafic en Afrique de l’Ouest. Le royaume de Loango à 20 km de Pointe-Noire était au XVIIIe siècle un centre important de la traite des Noirs, commencée dès le XVIe siècle. L’ancien port d’embarquement des esclaves de Loango est donc l’un des plus importants sites du golfe de Guinée par lequel des millions d’esclaves ont été embarqués dans des bateaux et transportés directement pour les Amériques sans escales intermédiaires », a-t-il dit.

Selon le même orateur,  certains accords commerciaux des esclaves se traitaient à Diosso chez le Mâ Loango (roi) et d’autres sur le site même. Le port de Loango fut le carrefour de tous les esclaves qui venaient d’une partie du golfe de Guinée. Ce site a englouti des millions d’âmes dans les horizons de l’Océan Atlantique.

Un sexagenaire interrogé sur le même sujet à répondu en ces termes : « Le port de Loango, de par sa position géographique, avait très tôt développé la Traite des esclaves qui s’est vite avérée comme le principal commerce qui fait et défait des royaumes. Dans la pratique, les personnes chargées de capturer les esclaves ne sont pas autorisées à les vendre directement aux Européens. Ils devaient passer par des courtiers nommés par le ministre du Commerce, le Ma-mfouka, dit Mafouque par les occidentaux. Ceci pour limiter le nombre de faux esclaves ou de rafles au sein de leur propre peuple. Il était donc interdit notamment de vendre ou de circuler avec des esclaves la nuit, ou encore de les faire entrer au campement des Européens sous prétexte de les faire voir au capitaine du bateau. Tout ceci, c’était pour éviter que des enfants du pays ne soient vendus ».

D’une autre source proche du dossier, on apprend que le commerce des hommes qui s’exerçait sur les côtes n’intéressait  qu’un petit nombre de personnes riches et  puissantes. Quant au peuple qui ne savait que se nourrir et se vêtir, il se contentait du commerce de poisson fumé, manioc, racines, sel, noix de palme, canne à sucre, bananes et fruits.

Notons que c’est dans la nuit du 22 au 23 août 1791 que commença à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti et République dominicaine) l’insurrection qui devait jouer un rôle déterminant dans l’abolition de la traite négrière transatlantique. Et il va sans dire que le port de Loango a été, tout comme les autres ports et routes, un véritable carrefour de plusieurs pays d’Afrique centrale lors de la Traite des Noirs.

ADIAC

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